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>>> ETAPE 3 : «Menlungtse, expédition au pays du yack et du yéti»,
octobre / novembre 2006, massif de l'Himalaya - Tibet.
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Les détails de l'expé |
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Sur quelle montagne jeter notre dévolu pour notre prochain
périple en altitude, 3ème étape du projet « Shining Wall » ?
Dans quelle contrée reculée et sauvage, allions-nous pouvoir
aller à la rencontre d'un peuple rester vierge des maux
de notre civilisation, tester notre endurance, notre force morale,
nous frotter aux éléments, enrichir notre expérience en
montagne, en somme, provoquer l'aventure?
Nous savions avec Aymeric que notre attention se porterait
sur un sommet de plus de 7000 m d'altitude, en Himalaya,
le plus vierge possible du passage des hommes et qui
nous permettrait d'évoluer en style rapide et léger.
C'est l'ouvrage phare de Stephen Venables et Andy Fanshawe,
véritable bible des alpinistes : « L'Himalaya en Style Alpin »,
qui nous aura définitivement inspiré. Notre énergie pour les
prochains mois se concentrera sur le Menlungtse, foulé une
fois seulement sur son sommet principal par une cordée de
Slovènes.
Le Menlungtse, montagne massive de 7181m,
solidement implantée au cœur du Tibet, non loin du Cho yu,
de la frontière népalaise et de la région qui la borde : le fameux Rolwaling.
«Là où il y a une volonté il y a un chemin »...
L'expédition s'organise depuis la France, les négociations s'entament, le matériel s'entasse, notre motivation s'aiguise tandis que nos porte feuilles se vident...
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Arrivée au Tibet et trek d'approche |
Notre fret arrive à Katmandou avec une semaine de retard, qu'à cela ne tienne nous irons nous acclimater et visiter la région du Lang Tang et ses forêts peuplées de pandas rouges.
L'attente fait partie du voyage, elle implique la patience, au Népal le temps se doit d'être redéfini. Il nous faut 11 heures pour parcourir les 150km qui nous sépare de Katmandou. Le bus s'arrête toutes les 5 minutes et fatalement, 3 fois plus de monde voyage sur le toit et dans les allées que sur les sièges.Retour à Katmandou et au quartier touristique de Thamel où nous logeons et profitons des délices d'une ville exotique et peu onéreuse pour nos bourses d'occidentaux.
Le départ semble se profiler, nous partons en direction des hauts plateaux tibétains. Quelques villages apparaissent ici et là perdus au milieu de nul part, dans un dénuement total. La simplicité de ces vies au cœur d'un univers aride, minéral, à plus de 4000m d'altitude est frappante. Une vie avec pour seule compagne une nature peu hospitalière et une terre que l'on imagine peu fertile. Une vie dure, mais belle à l'image des gens qui la peuplent et des montagnes qui l’entourent. A l'horizon se profile déjà l'Everest et le Cho Yu.
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>>> Vue satellite & 3D, parcours et photos de l'expé :
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>>> Affichez le tracé du parcours de l'expé avec les différents camps et les plus hautes altitudes atteintes en cliquant sur l'image pour l'agrandir. |
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>>> Découvrez la sélection des 40 meilleures photos de l'expédition au Menlungtse, cliquez sur le portfolio. |
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L'organisation de la caravane de yacks est folklorique, laborieuse. Les tractations pénibles et le chargement pas toujours solidement attaché. C'est pourquoi l'arrivée à ce qui deviendra notre maison pour plusieurs semaines, est déjà une émotion à part entière.
L'arrivée à notre camp de base à 4600m est impressionnante, la vue y est saisissante. Nous sommes écrasés au milieu de notre plaine, par deux colosses aux dimensions folles. D'abord à notre droite, la face nord d'un autre géant de 7000m : le Gauri Shankar, à gauche l'imposante face Sud, Sud / Ouest du Menlungtse. La partie occidentale de cette face est délimitée par un magnifique éperon, foulée une fois seulement par 2 anglo-saxons, jusqu'au sommet secondaire. Cette voie nous aimerions quelle soit notre itinéraire de descente, après la traversée des 2 sommets et l'ascension de l'arête Est, tentée il y a une dizaine d'année par Greg Child et Roskelley.
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Acclimatation |
Nous attaquons la traditionnelle et nécessaire phase d'acclimatation, qui nous permettra d'être opérationnel à plus de 7000 m. Nous espérons faire le Chekigo, sommet de 6100m d'altitude afin de nous familiariser à ce monde de l'oxygène rare. Au Menlung La, un col situé à 5600m qui marque la frontière avec le Népal, nous déposons tout le matériel nécessaire à l'ascension projetée : piolets, crampons, corde, pieux à neige et broches à glace. Les premières traces de léopard des neiges, nous font réelement penser à celle du singe bleu du Tibet, plus connu sous le nom de Yéti, l'abominable homme des neiges, nous ne verrons ni l'un ni l'autre.
Les premières incursions en altitude se doivent d'être succinctes, afin d'habituer l'organisme à ce contexte extraordinaire. Nous redescendons au camp de base nous reposer. Durant plus de 10 jours, la neige nous empêchera toute incursion au col, notre matériel est kidnappé . Ce n'est qu'à la 4ème tentative, slalomant entre les plaques à vent, que nous avons pu nous sortir de cette situation, dont nous étions otages. Récompense de ces tentatives infructueuses, nous croisons, au col, 3 de nos amis chamoniards, eux aussi en expédition au Népal, quel belle rencontre.
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Reconnaissance sur l'arête Ouest |
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Durant cette période de trouble climatique l'acclimatation se poursuit, sur le début de notre arête Est, mais également sur ce que nous projetons être notre voie de descente: l'arête ouest, ou la voie des anglais. En plus de la neige qui nous accompagne fidèlement lors de nos reconnaissances, le tonnerre et les éclairs font leur apparition. Quel sentiment d'impuissance, que de se savoir niché sur une arête au milieu de nul part, à presque 6000 m d'altitude, bien loin du camp de base et à la merci des éléments. Ce sont les levers de soleil, face aux plus belles montagnes de la terre, dans un univers d'une beauté incroyable, qui nous confortent dans notre quête d'altitude.
Le fait de ne pas avoir de routage météorologique durant notre périple, renforce notre engagement sur la montagne et nous permet de couper encore davantage les ponts avec notre système de pensées traditionnel, l'aventure devient alors aléatoire, vraie, totale... |
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Tentative sur l'arête Est |
| Nous parvenons de notre camp 1, situé sous un bloc à 5600m, jusqu'à une banquette neigeuse à 6500m. Notre arrivée au bivouac se fait sous la neige, par visibilité très moyenne. Les longueurs faites de glace, de neige dures et de passage de corniche ne nous ont pas posé trop de problème. C'est dans la pose des protections souvent maigres et aléatoires que la difficulté c'est ressentie. C'est notre première incursion à une telle hauteur depuis le début de l 'expédition. L'altitude se fait sentir et les 2 nuits que nous passons sur le fil de l'arête sont dures, les appétits peu voraces.
Si l'idée de faire une incursion au sommet (en oubliant ce coup-ci la traversée) nous effleure, nos corps nous rappelle à l'ordre. La sagesse se tourne vers le bas. Nous sommes maintenant acclimatés, après quelques jours de repos, nous pourrons enfin livrer un combat loyal. La descente sur abalakov (trous fait dans la glace où l'on passe la corde de rappel) est laborieuse. Nous sommes obligé de creuser une neige dure sur 50cm d'épaisseur, afin de trouver l'ivoire bleuté qui est notre salut. Nous arrivons au camp de base le lendemain, lavés, marqués. Sans m'en rendre compte le froid mordant de notre dernière nuit, m'a ôté toute sensibilité dans les orteils, mes extrémités sont fragilisées et une nouvelle incursion au froid pourrait être problématique.
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Epilogue |
Deux jours de repos s'écoulent, le temps nous est maintenant compté, il ne nous reste qu'une carte à jouer. Une fois de plus en Himalaya les conditions climatiques nous priveront de toute décision concernant une ultime tentative. Des vents à plus de 150km harcèleront la montagne jusqu'à notre départ, des grondements sourds, semblables à des bruits d'avalanches nous feront regarder une fois de plus la montagne avec respect et humilité.
Malgré une motivation sans faille, une cordée au diapason, une volonté forte d'aller voir au sommet ce que l'on pouvait y voir, l'Himalaya et ses hauteurs nous auront vite fait redescendre sur la terre de ceux d'en bas. Comment dès lors, imaginer une ascension en style alpin sur une face de plus de 2500m, à une altitude frôlant les 8000m. La face ouest du Shining wall, déjà impressionnante hier, nous semble encore plus haute aujourd'hui. Une expérience plus importante en haute altitude nous semble aujourd'hui nécessaire. La réussite d'un sommet de plus de 7000m technique, étant depuis le début, un des fondements de notre projet.
A nous de repartir maintenant à la rencontre d'autres aventures toujours plus belles et intenses, les montagnes elles, ne bougeront pas.
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Une fois encore, remerciements sincères et chaleureux à tous ceux qui nous soutiennent, sans oublier nos sponsors :
Lafuma, Tirawa, Julbo, Petzl, Scarpa, La Sportiva, Crispi, Béal, Racer, Rêves de Cîmes, Primus et la FFME.
Rendez-vous pour la prochaine étape.
>>> Pour voir la sélection des photos de l'expédition au Menlungtse , cliquez sur le portfolio.
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